La cour de Joe Ouakam

Ayant 'terminé son projet avec les vivants', Joe Ouakam s'en est allé voir ailleurs en avril 2017. La cour qu'il occupait depuis un demi-siècle, en plein centre ville de Dakar, peuplée d'arbres immenses, de génies et de projets fous, était menacée par un avis d'expulsion depuis 2015. Je m'y suis rendu régulièrement pendant 2 ans, visiter la cour de cet artiste protéiforme, figure emblématique du mouvement Agit'art. sculpteur, peintre, acteur, critique, auteur, poète, dramaturge et philosophe sénégalais. J'y ai vu les strates des oeuvres déposés là, tels des sédiments recouverts de feuilles décomposées, êtres mises au jour, puis disparaitre. Et les événements Agit'Art secouer les conventions dans leur fief, réunissant des dizaines d'artistes d'horizons divers et des centaines de spectateurs, comme si de rien n'était. Les réunions d'anciens et de plus jeunes se tenir sous les arbres aux bruissements recouverts par le son de la radio. Le porche du 17 rue Jules Ferry protéger comme un sas le calme presque surnaturel de cet endroit parfois désert. Et la frénésie immobilière et financière du centre de Dakar gagner du terrain, et réduire cet espace jusqu'à le faire passer dans une autre dimension, hors du temps.